J'étais debout devant le comptoir depuis deux bonnes heures. Mélanie m'a assuré que si je voulais être sûre et certaine de ne pas le louper, je ferais mieux de me montrer à l'aéroport plus tôt. Qu'apparemment, l'avion, que tu sois dedans ou pas, il décolle. Ma valise bougeait de gauche à droite, sous la main de Samuel. C'est fou, il à l'air encore plus stressé que moi. Ca me fait du bien de les avoir à mes côtés, surtout aujourd'hui. Parce qu'aujourd'hui je pars. Depuis un an, je ne pense plus qu'à ça. Depuis que j'ai quitté cet endroit, je n'ai qu'une seule envie, y retourner. Martin et Elisabeth profitaient à leur manière, du temps qu'il leur restait avant qu'ils ne partent chacun de leur côté en vacances. Je ne peux pas leur en vouloir. Une voix retentie dans la pièce, et tout les regards se lancèrent à mon égard. On annonçait que les passagers de l'avion 412 devaient se diriger vers le couloir vingt-six. Mon avion. Je pris une dernière fois Louise, Baptiste et Guillaume dans mes bras, en leur promettant d'envoyer des cartes postales, une fois arrivée là-bas. Comme dirait Francis, je ne suis pas capable d'envoyer des sms comme tout le monde. Avant d'aller retrouver Mélanie et Alice, je pris le bras de Samuel et l'entraîna avec moi un peu plus à l'écart.
- Là, j'ai peur.
- On fait comme on a dit, et tout ira bien.
- Je ne sais plus si c'est une bonne idée.
- Moi, je le sais. Si ça ne va pas, tu me téléphones, mais je suis certain que ça ira.
- Je ne sais vraiment plus si c'est une bonne idée...
Il posa ma valise sur le sol, et me serra dans ses bras comme pour réconforter un enfant en pleur. Au fond, c'est ce qu'il a toujours fait. Sans lâcher ma taille, ses yeux plongeaient dans les miens, et le silence nous entoura. Je sentais que les autres nous observaient du coin de l'½il, et l'intimité que je pensais avoir en pris un coup. On se recula tout les deux de quelques centimètres et il me rendit ma valise.
- Téléphone moi quand même, même pour me dire que tout va très bien.
- C'est promis.
Je l'embrassa sur la joue et fit un dernier signe de la main en croisant Louise, Baptiste et Guillaume. Ils me le rendirent avec un sourire narquois et je préfère honnêtement ne pas savoir ce qu'ils pensent. Un homme habillé en bleu m'interpella pour prendre mon sac, puis me laissa aller rejoindre mes amies. Mon c½ur bat à une vitesse mondiale, j'espère que ça ne se voit pas trop de l'extérieur. Tout le monde n'a pas été informé de la raison qui me pousse à monter dans cet avion. Seulement Mélanie, Alice et Samuel le savent. C'est la première fois qu'on part en vacances ensemble, toutes les trois. Ca ne pouvait pas être mieux !
- Francis n'est pas venu tiens ? me demanda Alice.
- Non, ce n'est pas son truc, les aéroports...
- Enfin, après ce que tu lui as dis avant-hier, ça aurait été surprenant qu'il soit là, la ramenait Mélanie.
- Qu'est ce que tu voulais que je lui dise en même temps ?
- Non tu as bien fait...
Quand la foule s'est mise à avancer vers la sortie, on marcha avec elle d'un pas décidé. Le bonheur. Juste le fait d'être ici, c'est énorme pour moi. De me dire que dans peu de temps, je serais dans le pays du soleil. Ma main serrait celle de Mélanie, et on se mises à rire, juste comme ça, juste pour rire. Avant de sortir complètement de l'aéroport, Alice me fit remarquer qu'un nouveau venu avait rejoint Guillaume, de l'autre côté de la pièce. Je me retournai et aperçu Francis qui me cherchait des yeux dans tout ce monde. Quand nos regards se croisèrent, il me souria et me fit un signe de la main. Je lui rendis, heureuse de voir que malgré tout ce qui s'est passé il y a deux jours, il est venu. Bien qu'il soit venu un peu tard, je suis tout de même contente qu'il soit venu. Je le perdu de vue, et dans les dix minutes qui suivies, nous voilà installée à l'intérieur de l'avion. La fenêtre à ma droite, Alice à ma gauche.